Au moins 550 personnes ont été arrêtées à Istanbul ce vendredi 1er mai lors des manifestations de la Fête du Travail, après avoir tenté de commémorer cette date sur la place place Taksim, bastion historique du mouvement ouvrier turc interdit par le gouvernement depuis 2013, selon l’Association des avocats contemporains (ÇHD).
Pendant ce temps, des syndicats ont manifesté dans des pays comme l’Argentine et l’Espagne — ainsi que sur les cinq continents — pour réclamer de meilleures conditions de travail, dans un contexte d’incertitude économique lié à la guerre en Iran.
Le mouvement ouvrier mondial a ainsi organisé d’importantes mobilisations pour exiger davantage de protection sociale, de meilleurs salaires et plus d’égalité, alors que la hausse des coûts de l’énergie et la baisse du pouvoir d’achat pèsent sur les populations.
La Confédération européenne des syndicats (CES) a affirmé qu’« une nouvelle crise du coût de la vie n’est pas inévitable » et a appelé les dirigeants européens à protéger l’emploi et les salaires face à l’inflation.
« Les travailleurs refusent de payer le prix de la guerre de Donald Trump au Moyen-Orient », indique un communiqué.
Sa secrétaire générale, Esther Lynch, a plaidé pour des mesures concrètes : injecter davantage de revenus dans les ménages, taxer les profits exceptionnels des grandes entreprises énergétiques et investir dans les énergies renouvelables.
Répression à Istanbul
Environ 550 personnes ont été interpellées pour avoir tenté de rejoindre la place Taksim, malgré son interdiction.
Plusieurs groupes militants, dont des membres du parti de gauche HKP, ont été arrêtés. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et procédé à des charges contre les manifestants. Certains médias évoquent également des parlementaires parmi les personnes affectées.
La place Taksim reste un lieu hautement symbolique depuis le « 1er mai sanglant » de 1977, lorsqu’au moins 34 personnes ont été tuées après des tirs contre la foule.
Malgré une décision de la Cour constitutionnelle turque en 2023 reconnaissant une violation du droit de manifester, les autorités maintiennent l’interdiction, dénoncée notamment par Amnesty International.
🇦🇷 La réforme du travail de Javier Milei enflamme l’Argentine
En Argentine, des milliers de travailleurs ont manifesté contre la réforme du travail promue par le président Javier Milei.
Organisée par la principale centrale syndicale du pays, la Confédération générale du travail (CGT), la mobilisation a dénoncé une réforme qui :
- facilite les licenciements
- allonge la durée du travail jusqu’à 12 heures
- réduit les droits syndicaux
- limite les compensations pour licenciement
Malgré les grèves et protestations, la réforme a été adoptée en février, marquant une victoire importante pour l’agenda libéral du gouvernement.
Les opposants espèrent désormais un recours devant la Cour suprême.
Une mobilisation mondiale
Les manifestations ont débuté en Asie (Corée du Sud, Indonésie, Inde) avant de s’étendre à l’Europe.
À Paris, les cortèges ont défilé sous le slogan « pain, paix et liberté », reliant les revendications sociales aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.
En Espagne, des milliers de personnes ont protesté contre le coût du logement, tandis qu’en Italie et au Portugal, les syndicats ont dénoncé la précarité et l’absence d’accords sociaux.
En Russie, des militants du Parti communiste de la Fédération de Russie se sont rassemblés près du théâtre Bolchoï pour célébrer cette journée, autrefois centrale en Union soviétique.
Conclusion
Du Moyen-Orient à l’Europe en passant par l’Amérique latine, cette Fête du Travail 2026 illustre une inquiétude mondiale croissante face à l’inflation, aux conflits géopolitiques et à la dégradation des conditions de travail.
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